Quand une animatrice devient une force humaine : chronique des élèves journalistes sur Mme BENJELLOUN

 0
Quand une animatrice devient une force humaine : chronique des élèves journalistes sur Mme BENJELLOUN

Presse scolaire

Nous sommes des élèves journalistes, habitués aux coulisses des événements scolaires, aux prises de notes rapides, aux photos volées entre deux applaudissements. Mais ce soir-là, au Centre Sidi Mohammed Ben Youssef: cet espace chargé de l’histoire de Mohammed V et de la mémoire nationale, quelque chose a bouleversé notre routine. Nous n’étions plus seulement des observateurs : nous étions témoins d’une présence rare, celle de Mme Widad BENJELLOUN, professeure au lycée Moulay Abdessalam Ben Mchich et animatrice d’un talent presque déroutant.

Nous l’avions déjà croisée lors d’autres manifestations éducatives, mais c’est dans cette cérémonie, qui célébrait l’unité, la mémoire et l’avenir, que sa force humaine nous est apparue avec le plus d’évidence. Nous étions répartis dans la salle, silencieux, attentifs, notant chaque interaction, chaque regard, chaque vibration du public. Mais entre deux lignes de nos carnets, nous nous sommes surpris à lever la tête plus souvent que d’habitude : quelque chose nous retenait… quelque chose nous parlait.

Dès qu’elle a pris le micro, nous avons compris. Il n’y avait ni emphase inutile, ni démonstration forcée. Seulement une voix juste, posée, habitée d’humanité. Une voix capable de calmer une salle, de capter une attention sincère, de créer un lien instantané. Ce n’était pas une animatrice. C’était une présence. Une force douce, mais immense.

Chaque fois qu’elle accueillait un élève sur scène, c’était avec une considération réelle. Son regard disait : tu es à ta place. Son sourire disait : vas-y, je suis là. Et cette façon de transmettre de la confiance ne s’enseigne pas : elle se porte, elle se donne, elle se reçoit. Plusieurs fois, nous avons vu des élèves monter sur scène visiblement moins stressés, comme portés par une sécurité invisible. Nous avons même capté, dans nos objectifs, de petits gestes qui en disent long : une main rassurante, un hochement de tête encourageant, un silence bienveillant qui précède la parole.

Ce soir-là, tout ce que nous avions entendu sur son engagement a pris forme devant nous. On nous avait parlé de cette femme née à Fès, profondément attachée à sa ville. De cette femme qui, depuis plus de quinze ans, consacre une partie de sa vie aux plus vulnérables : écouter, soutenir, accompagner, tendre la main. On nous avait raconté son rôle actif dans une association œuvrant pour l’éducation, la solidarité et le développement humain.
Mais assister à sa manière d’habiter la scène, de relier les gens entre eux, de donner du sens aux discours, c’était comprendre que l’humanisme n’est pas un concept, mais un geste, un ton, une posture.

Plusieurs fois, nous avons surpris des parents échanger un sourire. Des enseignants acquiescer discrètement. Dans la salle, un climat particulier s’était installé : apaisé, respectueux, chaleureux. Non pas parce qu’un protocole l’imposait, mais parce que l’animatrice donnait l’exemple. Elle montrait ce que signifie être présente pour les autres.

Et dans d’autres événements où nous l’avions vue auparavant, elle était la même : attentive aux plus timides, encourageante avec les jeunes, respectueuse dans chaque interaction. Elle prenait le temps de venir vers nous, les élèves journalistes, pour nous féliciter, pour nous dire que notre rôle est important, que notre regard compte. Ces mots, si simples, avaient pour nous un poids immense.

En sortant du centre ce soir-là, dans l’air frais de Fès, nous avons relu nos notes. Elles parlaient du patriotisme célébré, de l’unité nationale mise à l’honneur. Mais entre les lignes, il y avait surtout cette évidence : parfois, une personne suffit pour donner à un événement une âme, un sens, un souffle.

Et ce soir-là, cette personne était Mme Widad BENJELLOUN. Nous avons compris que l’animation est un art. Mais que transformer une scène en lieu d’humanité, de respect et de beauté…c’est un don. Un don qu’elle porte, qu’elle partage et qu’elle incarne.

Quelle est votre réaction?

Comme Comme 0
Aversion Aversion 0
Amour Amour 16
Drôle Drôle 0
En colère En colère 0
Triste Triste 0
Ouah Ouah 0