Devant un public nombreux de professeurs et jeunes chercheurs, le CREDIF et l’Institut français de Fès ouvrent un espace inédit de réflexion didactique

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Devant un public nombreux de professeurs et jeunes chercheurs, le CREDIF et l’Institut français de Fès ouvrent un espace inédit de réflexion didactique

 À la Faculté des lettres de Dhar El Mehraz (USMBA Fès), une pléiade de masterants du master "Didactique du français et Interculturalité" et de doctorants du laboratoire CREDIF ont participé, du 3 au 5 novembre 2025, à un séminaire consacré aux usages du numérique dans l’enseignement du français, animé par Christophe RONVEAUX, maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Genève et figure internationale de la recherche en didactique du français.

Co-organisé avec l’Institut français de Fès, l’événement a permis d’interroger les mutations induites par l’intelligence artificielle générative (IAG) dans les pratiques pédagogiques.

L’ouverture des travaux par le doyen, Mohammed MOUBTASSIME, et le directeur du CREDIF, le professeur Chakib TAZI, a permis de rappeler l’importance de former les jeunes chercheurs à une méthodologie rigoureuse et contextualisée.

 Christophe RONVEAUX a ensuite proposé plusieurs axes d’analyse, allant de l’articulation entre IAG et transposition didactique à l’étude des pratiques multimodales : podcasts, booktubing, supports visuels ou sonores, qui redéfinissent aujourd’hui les modes d’accès aux textes.

Les interventions des doctorants ont constitué un moment central du séminaire. Intissar OUKHDIJA, chargée du compte rendu général, a décrit un «espace rare de réflexion méthodologique » où les doctorants ont pu confronter leurs choix théoriques et conceptuels aux exigences de la recherche internationale.

Houda MARJANE, dont le projet de thèse porte sur l’enseignement de l’écrit au lycée à l’ère de l’IAG, a souligné « un renouvellement profond de sa compréhension de la multimodalité », nourri par les échanges autour des dispositifs numériques innovants.

Pour sa part, le doctorant Nassim BOUTGOURA a souligné la transformation de son rapport à la recherche : « Le doute a laissé place à la curiosité, puis à la capacité de formuler ma propre approche analytique », dit-il, insistant sur l’effet structurant du feedback immédiat et des exercices collaboratifs.

Sous l’œil avisé du professeur TAZI et de la professeure Asmae SENHAJI, les doctorants ont présenté leurs pré-projets de thèse. Les discussions ont porté sur l’articulation entre problématique, cadre théorique et méthodologie, sur la cohérence interne des dispositifs d’analyse et sur la nécessité d’une explicitation fine des catégories mobilisées.

Pour plusieurs participants, la séance a constitué un « point d’inflexion » dans la maturation de leur travail.

À l’issue des trois journées, les jeunes chercheurs ont exprimé le souhait de pérenniser ces espaces d’échange, en multipliant ateliers réguliers, ouvertures internationales et mutualisation de ressources. Dans un contexte de transformation rapide des pratiques d’enseignement, le séminaire de Fès s’impose comme un lieu hautement académique où la didactique du français se réinvente, au croisement des humanités numériques, de l’analyse du geste professionnel et d’une recherche qui se pense désormais à plusieurs voix.

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